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Préserver l’équilibre et prévenir les chutes

Conseils et prévention

Préserver l’équilibre et prévenir les chutes

Avec l’âge, la force des jambes, la rapidité des réactions et la qualité des appuis peuvent diminuer sans que l’on s’en aperçoive tout de suite. Se relever d’une chaise, monter une marche, tenir quelques secondes sur un pied ou changer vite de direction deviennent alors plus difficiles.

Cette évolution n’est pas une fatalité. Des exercices d’équilibre et de force pratiqués régulièrement réduisent le nombre de chutes d’environ un quart chez les personnes âgées qui vivent chez elles [1], et un bilan permet souvent de corriger ce qui fragilise : un médicament, une baisse de la vue, un logement mal adapté, une peur de tomber qui réduit les sorties [2] [3]. Aucune méthode ne supprime tout risque de chute. Mais ce risque se réduit, à tout âge.

Cette page s’adresse aux personnes de plus de 65 ans qui veulent garder leur autonomie, à celles qui commencent à se sentir moins sûres, à celles qui sont déjà tombées, et à leurs proches. Les exercices décrits ne conviennent pas à tous dans les mêmes conditions : la section « Avant de commencer » précise qui peut les faire seul et qui doit d’abord être évalué ou accompagné.

Vous craignez de tomber ? Six repères

Six situations fréquentes. Chacune renvoie à son explication, plus bas dans la page.

Je peine à me relever d’une chaise

Entraînez-vous avec les accoudoirs ou une table stable, puis réduisez l’aide des bras. Une difficulté nouvelle ou qui s’aggrave vite demande un avis médical. Se relever d’une chaise →

Je me sens moins stable sur mes jambes

Travaillez l’équilibre près d’un appui solide, quelques minutes par jour. Pas seul si vous êtes très instable ou déjà tombé : faites-vous évaluer d’abord. Travailler l’équilibre →

Je marche régulièrement : est-ce suffisant ?

La marche est excellente pour la santé, mais elle ne remplace pas les exercices d’équilibre et de force, au moins trois fois par semaine. Marcher, et compléter →

Je suis déjà tombé

Dites-le à votre médecin, même sans blessure : une chute a souvent plusieurs causes, dont les médicaments. Reprenez les exercices accompagné. Une chute a rarement une seule cause →

Je voudrais sécuriser mon logement

Tapis, fils, éclairage, barres d’appui dans la salle de bains : faites faire les travaux, ne montez pas sur un escabeau. Le logement et les aides →

Je suis tombé et je ne peux pas me relever

Déclenchez votre téléassistance ou appelez le 15 ou le 112. Sans téléphone à portée, criez pour demander de l’aide ; couvrez-vous en attendant. Une douleur forte de la hanche ou du dos impose un avis le jour même. Après une chute →

Ces repères résument la page ; ils ne remplacent pas les consignes reçues après une blessure ou une hospitalisation.

Sur cette page

Pourquoi prendre le risque de chute au sérieux

Après 65 ans, environ une personne sur trois tombe au moins une fois dans l’année [1] [4] ; l’Assurance Maladie évoque plus de deux millions de personnes concernées chaque année en France [5]. En 2024, Santé publique France a dénombré 174 824 séjours hospitaliers et 20 148 décès en lien avec une chute chez les 65 ans et plus, deux chiffres en hausse depuis 2019. Le risque augmente fortement avec l’âge ; les hospitalisations sont plus fréquentes chez les femmes et la mortalité plus élevée chez les hommes [6]. Sept chutes sur dix ont lieu au domicile [2].

Une chute peut provoquer une contusion ou une plaie, une fracture du poignet, d’une vertèbre, de l’épaule ou de la hanche, une hospitalisation, puis une perte de mobilité, une peur de retomber, une réduction des activités et une perte d’autonomie [7]. Lorsque l’os est fragilisé par une ostéoporose, une simple chute de sa hauteur en marchant peut suffire à provoquer une fracture, et une première fracture de ce type annonce un risque élevé d’en faire une autre [8] [9]. Rester longtemps au sol sans pouvoir se relever aggrave encore les conséquences [10] [11].

Pour réduire ce risque, les exercices d’équilibre et de force sont particulièrement efficaces : les programmes étudiés ont diminué le nombre de chutes d’environ 23 % et le nombre de personnes qui tombent d’environ 15 %, avec un niveau de preuve élevé [1]. La recherche et la correction des causes médicales, la révision des médicaments et, chez les personnes à risque, l’adaptation du logement complètent cet effet [2] [12] [13] [14]. La prévention ne se résume donc ni à enlever les tapis ni à muscler les jambes : elle associe les deux, et un regard médical sur ce qui fait tomber.

Reconnaître les premiers signes

La perte de force et d’équilibre ne se manifeste pas toujours par une douleur. Elle commence souvent par de petites adaptations :

  • pousser davantage sur les accoudoirs pour se relever ;
  • prendre de l’élan avant de quitter une chaise ;
  • éviter les sièges bas ;
  • s’aider systématiquement de la rampe dans les escaliers ;
  • ralentir devant un trottoir ou une marche, chercher les appuis en marchant ;
  • renoncer peu à peu à certaines sorties.

Si vous poussez de plus en plus sur les accoudoirs pour vous lever, vos jambes ont peut-être perdu de la force. Ce n’est pas la seule explication possible : une douleur du genou ou de la hanche, une arthrose, un trouble de l’équilibre, une baisse de la vue, une maladie neurologique, une fatigue ou un état général moins bon, un traitement récent produisent les mêmes adaptations [3] [5]. Plus on évite les mouvements difficiles, moins les muscles concernés travaillent, et se relever devient encore plus difficile ; les exercices décrits plus bas sont un moyen d’inverser cette spirale. Mais une difficulté nouvelle, apparue en quelques semaines ou qui s’aggrave vite, n’est pas un simple manque d’entraînement : elle demande un bilan.

Les médecins utilisent trois questions pour repérer un risque de chute : êtes-vous tombé au cours des douze derniers mois ? vous sentez-vous instable debout ou en marchant ? avez-vous peur de tomber ? Répondre oui à l’une d’elles justifie d’en parler à son médecin, qui évaluera la marche et l’équilibre [2] [3]. Dites-le même si la chute vous paraît sans importance : beaucoup de personnes ne la signalent pas spontanément, alors que le risque de retomber dans l’année est élevé [3] [15].

Avant de commencer : seul, accompagné ou encadré ?

Les exercices de cette page sont ceux que retiennent les programmes de prévention : se relever d’une chaise, tenir debout dans des positions de plus en plus exigeantes, faire des pas dans toutes les directions, renforcer les jambes [2] [3]. La présence d’un support ne les rend pas automatiquement sûrs. Tout dépend de votre situation.

  • Vous êtes autonome, vous n’êtes pas tombé dans l’année et vous ne vous sentez pas instable : vous pouvez les pratiquer seul, en respectant les règles ci-dessous [2] [16].
  • Vous vous sentez instable, vous avez peur de tomber, ou vous êtes tombé une fois sans vous blesser : faites d’abord le point avec votre médecin. Un bilan de la marche et de l’équilibre permet de choisir le bon niveau, souvent avec quelques séances de kinésithérapie ou un programme d’activité physique adaptée [2] [3].
  • Vous êtes tombé plusieurs fois, vous vous êtes blessé, vous n’avez pas pu vous relever seul, vous avez fait un malaise, ou vous sortez d’une hospitalisation : ne commencez pas seul. Ces situations relèvent d’une évaluation médicale complète et d’exercices encadrés par un kinésithérapeute [2] [3].

Dans tous les cas, demandez l’avis de votre médecin si vous avez une maladie cardiaque, respiratoire ou neurologique, une douleur articulaire importante ou un traitement modifié récemment. Pour une activité légère comme la marche, cet avis n’est en général pas nécessaire [16].

Règles communes à tous les exercices :

  • un appui réellement stable et immobile : plan de travail, table lourde, rampe, barre fixée au mur, ou dossier d’une chaise bloquée contre un mur ; jamais un meuble léger, une chaise libre ou un porte-serviettes [4] ;
  • un espace dégagé, un sol non glissant, des chaussures fermées qui tiennent le talon ; pas de chaussettes seules [11] [17] ;
  • une chaise à portée pour vous rasseoir ; arrêtez-vous tant que le mouvement reste contrôlé, pas quand vous ne pouvez plus ;
  • jamais les yeux fermés, pas de coussin ni de surface instable, pas d’objet au sol près des pieds : ces variantes se pratiquent en séance, avec un professionnel ;
  • quelqu’un à proximité si vous vous sentez peu sûr ; en cas de vertige, d’essoufflement inhabituel, de douleur dans la poitrine ou de malaise, arrêtez et asseyez-vous [18].

Deux murs rapprochés, dans un couloir, donnent une impression de sécurité mais n’empêchent pas une chute en avant ou en arrière. Ils ne remplacent ni un appui solide ni une présence pour une personne très instable.

Se relever d’une chaise

Le passage de la position assise à la position debout est l’exercice fonctionnel le plus simple et le plus directement utile : il fait partie des exercices recommandés dans les programmes de prévention [3].

Choisissez une chaise stable, qui ne risque pas de reculer, de préférence contre un mur. Placez les pieds à peu près sous les genoux, légèrement écartés. Inclinez un peu le tronc vers l’avant, poussez dans les pieds et redressez-vous. Pour vous rasseoir, reculez jusqu’à sentir la chaise derrière les jambes, puis contrôlez la descente.

Selon vos capacités :

  • utilisez les accoudoirs si le mouvement est encore difficile ;
  • ou placez les mains sur une table ou un support stable devant vous ;
  • commencez depuis une chaise relativement haute ;
  • réduisez l’aide des bras lorsque le mouvement devient plus facile ;
  • utilisez ensuite une chaise un peu plus basse ;
  • ralentissez progressivement la descente ;
  • augmentez le nombre de répétitions sans sacrifier la qualité du mouvement.

Faites le nombre de répétitions que vous contrôlez, en gardant une ou deux répétitions « en réserve » : vous devez pouvoir vous rasseoir doucement à chaque fois. Arrêtez-vous avant de retomber sur la chaise, avant que les genoux ne se dérobent ou que le mouvement ne devienne désorganisé. Chez une personne fragile, la répétition de trop est celle qui fait tomber ; une série poussée jusqu’à l’épuisement n’est pas un objectif.

La progression ne consiste pas nécessairement à faire toujours plus de répétitions. Elle peut aussi consister à utiliser moins les bras, à mieux contrôler la descente ou à se relever d’un siège légèrement plus bas. Une pratique régulière, plusieurs fois par semaine, est préférable à une séance occasionnelle très intense [3].

Il n’est pas nécessaire de s’asseoir au sol pour entretenir sa force. Se relever régulièrement d’une chaise sans les bras, monter les escaliers lorsque cela reste possible, marcher et conserver des activités variées produisent déjà un entraînement utile : une capacité régulièrement utilisée a davantage de chances d’être conservée [16].

Travailler l’équilibre près d’un appui

L’équilibre s’entretient en plaçant progressivement le corps dans des situations qui demandent un ajustement des appuis. Ce sont ces exercices, dits d’équilibre et fonctionnels, qui ont le plus d’effet sur les chutes, à condition d’être pratiqués régulièrement et de devenir un peu plus exigeants au fil des semaines [1] [3] [19]. Relisez les règles de sécurité de la section précédente avant de commencer.

Commencer debout, les deux pieds au sol

Placez-vous face à votre appui, une main posée dessus. Rapprochez les pieds et tenez la position quelques secondes. Lorsque cela devient facile, avancez légèrement un pied devant l’autre, puis rapprochez progressivement les deux pieds comme s’ils étaient posés sur une ligne. Gardez toujours l’appui accessible ; passez d’une main posée à quelques doigts seulement lorsque votre équilibre s’améliore.

Tenir sur un pied

Près de l’appui, soulevez légèrement un pied. Commencez par quelques secondes, puis allongez peu à peu. Travaillez les deux côtés. L’objectif n’est pas de battre un record, mais de conserver un appui stable et de reposer le pied de manière contrôlée.

Tenir moins de cinq secondes sur un pied est un repère utilisé dans le bilan médical, parce qu’il est associé à davantage de chutes avec blessure ; isolé, il ne suffit ni à prédire une chute ni à l’exclure [15] [20]. Ici, c’est un exercice, pas un test. Ne le faites pas seul si vous vous sentez très instable, si vous êtes tombé récemment ou si vous ne pourriez pas vous rattraper en sécurité.

Faire un pas, puis plusieurs

Beaucoup de chutes surviennent quand il faut rattraper un déséquilibre par un pas rapide. Les exercices de pas, lents d’abord puis plus vifs, ont réduit les chutes d’environ moitié dans de petits essais, en améliorant le temps de réaction et l’équilibre [21]. Près de l’appui : déplacez une jambe sur le côté, faites quelques pas latéraux, transférez le poids d’une jambe sur l’autre, avancez puis reculez un pied, franchissez une ligne tracée au sol avec un ruban adhésif, pas un objet. Augmentez la vitesse seulement si l’appui reste à portée de main et l’espace dégagé.

Chevilles, mollets et hanches

Les chevilles participent constamment aux petits ajustements nécessaires pour rester debout. Face à l’appui, montez lentement sur la pointe des pieds, puis redescendez de manière contrôlée ; déplacez doucement le poids du corps vers l’avant et vers l’arrière, puis d’un pied vers l’autre. Les muscles des hanches contrôlent le bassin et participent à la récupération d’un déséquilibre : les pas latéraux et le déplacement d’une jambe sur le côté les sollicitent. Une hanche, un genou ou une cheville raides ou douloureux modifient les appuis, surtout dans les escaliers et sur les sols irréguliers ; la page Entretenir sa mobilité sans forcer explique comment bouger une région raide ou douloureuse sans l’aggraver.

Le renforcement améliore la force, les capacités fonctionnelles et la mobilité, mais il a moins d’effet sur l’équilibre, et le renforcement seul n’a pas démontré qu’il réduisait les chutes [1] [2]. C’est pourquoi il s’associe toujours aux exercices d’équilibre et de pas.

Faire progresser sans se mettre en danger

Lorsqu’une position devient facile, vous pouvez diminuer l’appui des mains, tenir un peu plus longtemps, tourner doucement la tête, déplacer lentement le pied libre, compter à rebours ou parler pendant l’exercice, puis accélérer les pas. Les yeux fermés, les surfaces instables et les obstacles font partie des programmes encadrés : ils se pratiquent en séance, pas seul chez soi. Le tai-chi, pratiqué en groupe, peut aussi réduire les chutes [1] [3].

Marcher, et compléter par l’équilibre et la force

La marche entretient l’endurance, le cœur, la mobilité et une partie de la force des jambes ; elle fait partie des activités recommandées à tout âge [4] [16]. Mais, seule, elle n’a pas démontré qu’elle réduisait les chutes : dans un essai chez 386 personnes inactives de plus de 65 ans, un programme de marche de quarante-huit semaines n’a pas diminué les chutes, et les revues de la littérature ne trouvent pas assez de preuves pour les programmes limités à la marche [1] [22].

La marche ne reproduit pas les situations dans lesquelles on tombe : changement rapide de direction, obstacle inattendu, pas sur le côté, sol irrégulier, démarrage ou arrêt brusque, passage étroit, deux choses à faire en même temps. Continuez à marcher, et ajoutez-y les exercices d’équilibre et de force.

Combien de fois, et avec qui ?

L’Organisation mondiale de la santé recommande, à partir de 65 ans, des activités variées qui mettent l’accent sur l’équilibre fonctionnel et la force, d’intensité au moins modérée, au moins trois jours par semaine, en plus de l’activité d’endurance ; la Haute Autorité de santé reprend cette recommandation [2] [16]. Les programmes qui réduisent les chutes durent au moins douze semaines, deviennent progressivement plus exigeants et se poursuivent dans la durée ; l’effet est plus marqué quand les exercices sollicitent vraiment l’équilibre et dépassent trois heures par semaine au total [3] [19]. C’est un repère de population, pas une obligation : pour une personne qui peine à se lever, quelques répétitions chaque jour, près d’une chaise, sont déjà un début.

Vous n’êtes pas obligé de vous entraîner seul. Les caisses de retraite proposent des ateliers équilibre près de chez vous [23]. Le médecin peut prescrire des séances de kinésithérapie, qui travaillent l’équilibre, la force des jambes, la marche et le relevé du sol, ou un programme d’activité physique adaptée encadré par un enseignant formé ; après une chute grave, cet encadrement est la règle [2] [11].

Une chute a rarement une seule cause

Une feuille mouillée, un tapis ou un trottoir irrégulier peuvent réellement provoquer une chute. Mais l’obstacle visible n’explique pas toute la situation : l’environnement n’est en cause que dans la moitié des chutes, et une chute résulte le plus souvent de plusieurs facteurs réunis chez la même personne [5]. Il peut aussi exister :

  • une diminution de la force des jambes ou une marche modifiée par une douleur ou une arthrose ;
  • un trouble de l’équilibre, un problème de l’oreille interne, une baisse de la vue ou de l’audition ;
  • une diminution de la sensibilité des pieds, une déformation ou une douleur du pied, une chaussure mal adaptée ;
  • une maladie neurologique ou un trouble de la mémoire ;
  • une baisse de tension lors du passage en position debout, un trouble du rythme cardiaque, une hypoglycémie ;
  • un médicament, une association de médicaments, de l’alcool ;
  • une perte de poids, une fonte musculaire, une fatigue importante ;
  • des levers nocturnes pressés, dans l’obscurité.

Trois familles de médicaments sont le plus souvent en cause : les somnifères, anxiolytiques, antidépresseurs et autres médicaments agissant sur le système nerveux ; les médicaments qui font baisser la tension ; les antidiabétiques [5]. Prendre plus de quatre médicaments augmente le risque [11]. Ne modifiez jamais un traitement seul. Apportez l’ensemble de vos ordonnances et des produits achetés sans ordonnance à votre médecin, ou à votre pharmacien, pour une revue régulière ; c’est le médecin qui décide d’arrêter progressivement un médicament ou d’en changer [2] [4].

Voici ce que recherche le bilan après une chute ou devant une instabilité : la façon de se lever et de marcher, l’équilibre et la force ; la tension couché puis debout ; le cœur ; les pieds et les chaussures ; la vue et l’audition ; la mémoire ; l’état nutritionnel ; la liste des médicaments ; et, selon les cas, une prise de sang, un électrocardiogramme ou d’autres examens [3] [11] [15]. Une chute avec perte de connaissance, ou sans cause évidente, est explorée comme un malaise cardiaque possible [3] [11]. Le bilan ne se résume pas à un chronomètre : les tests de marche et d’équilibre aident à classer le risque, mais aucun ne prédit à lui seul qui tombera [20] [24].

Faire contrôler sa vue et son audition, soigner ses pieds, porter des chaussures fermées à talon bas et large, à semelle fine et antidérapante, manger suffisamment de protéines et surveiller son poids font partie des conseils donnés à tous [2] [4] [11]. Les preuves sont inégales : corriger la vue n’a pas, à soi seul, démontré qu’il réduisait les chutes [13]. La vitamine D contribue à la santé des os. En cas de carence ou de risque de carence, une supplémentation peut être utile, notamment dans la prise en charge de l’ostéoporose, mais elle ne constitue pas à elle seule une prévention efficace des chutes [3] [9] [11]. Prévenir les fractures, en recherchant et en traitant une ostéoporose, est une démarche distincte de la prévention des chutes ; les deux se complètent [9] [25].

Peur de tomber et confiance

Après une chute, il est fréquent de surveiller davantage ses pas et d’éviter certaines situations. Cette prudence est utile pendant quelque temps. Lorsqu’elle conduit à réduire fortement les sorties et les mouvements, elle peut toutefois entraîner une diminution de la force et de l’endurance, une marche plus lente, une confiance de plus en plus faible et une dépendance croissante aux appuis ; en France, près d’une personne sur cinq ayant chuté déclare limiter ses déplacements par peur de tomber [2]. La peur de tomber peut alors contribuer indirectement à une nouvelle chute.

La peur n’est pas la seule cause d’une aggravation, et elle n’est pas toujours excessive : chez certaines personnes, elle correspond à un risque réel et protège, lorsqu’elle conduit à adapter ses déplacements plutôt qu’à y renoncer. Chez d’autres, elle dépasse le risque physique mesuré ; chez d’autres encore, la confiance dépasse les capacités, ce qui expose aussi à la chute [26]. L’objectif n’est donc pas d’avoir moins peur à tout prix, mais d’ajuster la confiance aux capacités réelles, et d’augmenter les deux ensemble.

Les exercices encadrés réduisent modérément la peur de tomber, au moins à court terme, sans augmenter les chutes [27] ; les recommandations y associent, si besoin, un accompagnement psychologique et l’ergothérapie [3]. La confiance se reconstruit progressivement avec des exercices sécurisés, des déplacements adaptés et, lorsque cela est nécessaire, l’accompagnement d’un professionnel. Retrouver de la confiance ne consiste pas à se mettre en danger : c’est retrouver progressivement des mouvements maîtrisés dans un environnement adapté.

Le logement et les aides

L’environnement doit faciliter les déplacements sans remplacer l’entretien des capacités physiques. Vérifiez notamment [2] [4] :

  • l’éclairage des couloirs et des escaliers, et un chemin lumineux ou une veilleuse pour les levers de nuit ;
  • l’accès à un interrupteur et à un téléphone depuis le lit ;
  • les tapis, à retirer ou à fixer avec un adhésif double face, les fils électriques et les objets dans les passages ;
  • la stabilité des meubles utilisés comme appui, et des barres d’appui bien fixées là où vous en avez besoin : toilettes, baignoire, douche ;
  • l’état des marches et la présence d’une rampe ;
  • le caractère glissant de la salle de bains, un tapis antidérapant, un siège de douche fixé au mur, un rehausseur de toilettes ;
  • la hauteur du lit et des sièges, qui facilite ou complique le lever ;
  • les chaussures d’intérieur, fermées et antidérapantes ;
  • une canne ou un déambulateur à la bonne hauteur, si vous en utilisez.

Ne montez pas sur un escabeau, une chaise ou un tabouret : rangez ce qui sert souvent à portée de main et demandez de l’aide pour les travaux en hauteur [4] [23]. Levez-vous lentement du lit ou d’une chaise pour éviter un étourdissement [4].

Chez les personnes à risque élevé de chute, un aménagement du domicile guidé par un professionnel formé, souvent un ergothérapeute, qui tient compte de la façon dont la personne se déplace réellement, réduit les chutes de plus d’un tiers ; chez les personnes sans facteur de risque particulier, aucun effet n’a été mesuré [3] [13]. La téléassistance n’empêche pas de tomber ; elle permet d’obtenir de l’aide rapidement, à condition de porter le médaillon et de s’en servir : dans une étude chez des personnes de plus de 90 ans, les alarmes étaient largement disponibles mais rarement utilisées lors des chutes suivies d’un long séjour au sol [10] [28]. Un logement entièrement sécurisé ne suffit pas à entretenir la force et les réactions d’équilibre : les deux approches se complètent.

Après une chute : que faire ?

Vous êtes tombé et vous êtes conscient. Prenez quelques instants, respirez calmement, ne vous relevez pas dans la précipitation. Bougez doucement les bras et les jambes pour vérifier que vous n’êtes pas blessé ; si vous ressentez un malaise, attendez qu’il passe [28]. Ne tentez pas de vous relever, et faites-vous aider, si une douleur vive empêche de bouger une jambe ou la hanche, si un membre est déformé, si vous avez heurté votre tête ou si vous ne vous en sentez pas capable.

Pour vous relever : tournez-vous sur le côté puis sur le ventre, redressez-vous sur les avant-bras, mettez-vous à quatre pattes, approchez-vous d’un meuble solide, prenez appui dessus avec les deux mains pour monter un genou puis l’autre, et asseyez-vous [28]. Mieux vaut avoir appris ce geste avant d’en avoir besoin, avec quelqu’un à côté de vous, en atelier ou en séance de kinésithérapie : le relevé du sol fait partie des programmes de prévention [2] [28].

Vous ne pouvez pas vous relever. N’insistez pas. Appuyez sur le médaillon de téléassistance si vous en avez un ; appelez le 15 ou le 112 ; appelez à l’aide, faites du bruit avec un objet, ou glissez-vous vers un téléphone. En attendant : surélevez la tête avec un coussin ou un vêtement, couvrez-vous pour rester au chaud, bougez les bras et les jambes [28]. Rester au sol plus d’une heure expose à la déshydratation, à l’hypothermie, aux escarres et à des complications graves [10] [11] : appeler tôt, même si cela paraît exagéré, est la bonne décision.

Après une chute, ne banalisez pas une douleur importante, même si vous arrivez encore à marcher. Avec l’âge, et particulièrement en cas d’ostéoporose, une fracture peut survenir après une chute de sa propre hauteur. Une douleur nouvelle et importante du dos, de la hanche ou d’un membre justifie une évaluation médicale rapide. Une fracture de la hanche non déplacée permet parfois de marcher, douloureusement ; une fracture d’une vertèbre peut passer pour un simple mal de dos ou ne se traduire que par une perte de taille ; une fracture du poignet n’est pas toujours déformée [29] [30] [31]. Les recommandations sur le mal de dos classent d’ailleurs l’âge, un traumatisme et la prise prolongée de corticoïdes parmi les signes qui doivent faire rechercher une autre cause qu’une lombalgie commune [32]. Seul un examen, souvent complété par une radiographie, permet de trancher.

Même sans blessure apparente, signalez toute chute à votre médecin. Un bilan est nécessaire si la chute est inexpliquée, si elle n’est pas la première, s’il y a eu malaise ou perte de connaissance, si vous n’avez pas pu vous relever seul, si votre marche s’est dégradée ou si une peur importante s’installe [2] [3]. Des symptômes peuvent aussi apparaître dans les heures ou les jours qui suivent : douleur, gonflement, hématome, malaise ; consultez alors [28]. Après une fracture survenue pour une chute de faible hauteur, la recherche d’une ostéoporose et, si besoin, son traitement font partie des soins [9] [25].

Si vous trouvez un proche au sol, ne le relevez pas brutalement. Demandez-lui ce qui s’est passé et où il a mal. S’il ne peut pas bouger une jambe, si un membre est déformé ou raccourci, s’il a perdu connaissance, s’il est confus ou s’il ne parvient pas à se relever avec une aide simple, appelez le 15 ou le 112 et couvrez-le en attendant [28] [29].

Quand demander un avis ?

Le médecin traitant recherche les causes, revoit les traitements et oriente si besoin vers un gériatre ; le kinésithérapeute évalue et rééduque l’équilibre, la force, la marche et les transferts ; l’enseignant en activité physique adaptée encadre un programme ; l’ergothérapeute adapte le logement et conseille les aides ; le pédicure-podologue, l’ophtalmologiste ou l’oto-rhino-laryngologiste interviennent selon la cause [2] [33]. Une consultation ostéopathique peut examiner des douleurs et des limitations de mobilité qui gênent les mouvements ; elle ne figure pas parmi les interventions de prévention des chutes évaluées par les recommandations citées sur cette page, et elle ne remplace ni le bilan médical, ni la révision des traitements, ni la rééducation, ni un programme d’exercices adaptés.

Un bilan peut être utile si [2] [15] :

  • vous êtes tombé dans l’année, même sans blessure ;
  • vous vous sentez instable en marchant, ou vous avez peur de tomber ;
  • vous poussez de plus en plus sur les bras pour vous relever d’une chaise ;
  • vous ne tenez plus quelques secondes sur un pied, même près d’un appui ;
  • votre équilibre ou votre marche se sont dégradés depuis quelques mois ;
  • vous réduisez progressivement vos sorties ;
  • votre canne ou votre déambulateur vous gêne plus qu’il ne vous aide ;
  • vous ne savez pas quels exercices réaliser en sécurité.

Consultez votre médecin dans les jours qui viennent si [2] [3] [4] [34] :

  • vous êtes tombé sans explication, ou vous êtes tombé plusieurs fois ;
  • votre marche ou votre équilibre ont changé en quelques semaines ;
  • vous avez des vertiges ou des étourdissements, en particulier au lever, ou un malaise récent, sans signe d’alerte immédiat ;
  • une somnolence ou une instabilité est apparue après un changement de traitement ;
  • une douleur ou une gêne persiste après une chute ;
  • vous perdez du poids rapidement.

Consultez dans la journée si [29] [30] [31] [32] [34] [35] :

  • après une chute, une douleur importante du dos, de la hanche, de l’aine ou d’un membre persiste, même si vous arrivez à marcher : une fracture est possible sans déformation, un examen et souvent une radiographie sont nécessaires ;
  • après une chute, un gonflement, un hématome, un craquement, ou un membre difficile à utiliser ;
  • vous avez reçu un choc à la tête, même sans signe inquiétant immédiat : appelez le 15 pour connaître la conduite à tenir. À partir de 65 ans, si vous prenez un antiagrégant, même un seul (aspirine ou clopidogrel), une évaluation aux urgences est indiquée. Dans les autres situations, le médecin régulateur peut décider d’une surveillance à domicile par un proche, en l’absence d’autre facteur de risque ;
  • un vertige inhabituel survient après une chute ou un choc à la tête, ou s’accompagne de maux de tête inhabituels ;
  • une fièvre accompagne une chute ou une difficulté nouvelle à marcher.

Sans attendre, appelez le 15 ou le 112 si [11] [29] [34] [35] [36] [37] [38] :

  • la personne ne peut pas bouger une jambe, un membre est déformé, raccourci ou tourné anormalement, une plaie est en regard de l’os, ou elle ne peut pas être relevée ni déplacée sans risque : ne la bougez pas, couvrez-la ;
  • après un choc à la tête : perte de connaissance, même brève, somnolence, confusion, comportement inhabituel, vomissements, maux de tête qui persistent, trouble de la vision, de l’audition ou de la parole, trouble nouveau de l’équilibre, difficulté à bouger un membre, écoulement inhabituel par le nez ou les oreilles, douleurs nouvelles du cou, convulsion ; et, dès le choc, même sans aucun de ces signes, si vous prenez un anticoagulant ou deux antiagrégants à la fois, ou si vous avez une maladie de la coagulation ;
  • une faiblesse ou un engourdissement d’un côté du corps, une déformation du visage, un trouble de la parole ou de la vision apparaissent brutalement, même s’ils disparaissent en quelques minutes : ce sont des signes d’accident vasculaire cérébral ;
  • une douleur dans la poitrine, un essoufflement, des palpitations, un malaise ou une perte de connaissance précèdent ou suivent la chute ;
  • la personne ne tient plus debout, est confuse ou voit double au cours d’un vertige.

Ces signes ne permettent pas, à eux seuls, de poser un diagnostic. Certains nécessitent néanmoins une évaluation urgente, même s’ils apparaissent isolément. Respectez les délais de consultation indiqués ci-dessus. En cas de doute sur la gravité d’une chute, appeler le 15 permet d’obtenir un avis et une orientation adaptés [23].

Les sources de cette page

Chaque référence est suivie d’un commentaire qui précise ce qu’elle apporte aux conseils de cette page.

Lorsqu’une référence porte la mention « résumé seul consulté », cela signifie que seul le résumé de cette publication a été examiné.

Les 38 références commentées

1. Sherrington C, Fairhall NJ, Wallbank GK, Tiedemann A, Michaleff ZA, Howard K, et al. Exercise for preventing falls in older people living in the community. Cochrane Database Syst Rev 2019;1:CD012424. doi.org/10.1002/14651858.CD012424.pub2

108 essais randomisés, 23 407 participants vivant à domicile, âge moyen 76 ans. L’exercice réduit le taux de chutes de 23 % (rapport de taux 0,77) et le nombre de personnes qui tombent de 15 %, avec un niveau de preuve élevé ; l’effet est semblable que les participants aient été sélectionnés ou non pour un risque accru. Les exercices d’équilibre et fonctionnels réduisent le taux de chutes de 24 % (preuve élevée), les programmes combinant plusieurs types d’exercices probablement de 34 %, le tai-chi peut-être de 19 % ; preuves insuffisantes pour les programmes composés surtout de renforcement, de danse ou de marche. L’exercice réduit peut-être les fractures (de 27 %) et les chutes nécessitant des soins (preuves de faible niveau). Événements indésirables rapportés le plus souvent mineurs et musculosquelettiques. Résumé en français disponible sur cochrane.org.

2. Haute Autorité de santé. Prescription d’activité physique. Personnes âgées à risque de chute. Fiche de synthèse validée par le Collège le 28 mars 2024, fondée sur les recommandations mondiales de prévention des chutes de 2022. has-sante.fr/jcms/p_3506172

Repérage par trois questions (chute dans les douze derniers mois ; sensation d’instabilité debout ou à la marche ; peur de tomber), puis évaluation de la gravité d’une chute (blessure ayant nécessité un médecin, au moins deux chutes, incapacité à se relever sans aide, chute sans cause évidente évoquant une syncope, fragilité) et tests de marche et d’équilibre (lever-marcher-revenir en plus de 15 secondes ; vitesse de marche inférieure à 0,8 m/s). Trois niveaux : risque faible (activité en autonomie, équilibre, renforcement, endurance, ou activités encadrées), intermédiaire (correction des causes, programme d’activité physique adaptée sur ordonnance, éducation), élevé après une chute grave (évaluation gérontologique, rééducation par un kinésithérapeute en première intention, programme d’activité physique adaptée, évaluation du domicile au mieux par un ergothérapeute, révision de l’ordonnance pour réduire les médicaments inducteurs de chute). Contenu des programmes : équilibre, coordination, renforcement des membres inférieurs, endurance, double tâche, apprentissage du relever du sol, marche avec obstacles et changements de cadence ; réévaluation tous les 30 à 90 jours. Éducation pour tous : prévenir son médecin en cas de chute, d’instabilité ou de peur de tomber ; révision régulière de tous les médicaments par le médecin traitant ; discuter avec lui de la vitamine D ; activités d’équilibre et de force régulières ; suivi ophtalmologique ; pieds contrôlés au moins une fois par an, chaussures ajustées ; alimentation équilibrée ; sécurité du domicile (sols dégagés, tapis retirés ou fixés, barres d’appui, mains courantes et éclairage des escaliers). Reprend la recommandation de l’OMS d’activités d’équilibre fonctionnel et de force au moins trois fois par semaine. Rappelle qu’une station au sol de plus d’une heure double la mortalité à six mois, que 70 % des chutes ont lieu à domicile et que 19,5 % des chuteurs limitaient leurs déplacements par peur de tomber (Baromètre santé 2010).

3. Montero-Odasso M, van der Velde N, Martin FC, Petrovic M, Tan MP, Ryg J, et al. World guidelines for falls prevention and management for older adults: a global initiative. Age Ageing 2022;51(9):afac205. doi.org/10.1093/ageing/afac205

Recommandations de 96 experts de 39 pays. Interroger systématiquement les personnes âgées sur leurs chutes, qu’elles ne signalent pas spontanément ; trois questions clés (chute dans l’année, instabilité, inquiétude de tomber) ; vitesse de marche inférieure à 0,8 m/s ou lever-marcher-revenir supérieur à 15 secondes pour repérer un trouble. Trois niveaux de risque : faible (éducation, exercice), intermédiaire (exercices d’équilibre et de force, kinésithérapeute), élevé (chute avec blessure, au moins deux chutes, fragilité, incapacité à se relever pendant au moins une heure, perte de connaissance suspectée : évaluation multifactorielle et interventions sur mesure). Exercices recommandés : équilibre exigeant et exercices fonctionnels comme le relevé de chaise et les pas, au moins trois séances par semaine, individualisés, progressifs, pendant au moins douze semaines et au-delà (recommandation forte, preuve de haut niveau) ; tai-chi et renforcement progressif en complément. Revue des médicaments à risque de chute ; bilan cardiovasculaire avec tension couché-debout ; chute inexpliquée explorée comme une syncope ; vue, audition, pieds et chaussures, nutrition ; vitamine D réservée aux personnes à risque de carence ; évaluation et adaptation du domicile par un professionnel formé ; évaluation de la peur de tomber, traitée par l’exercice, la thérapie cognitivo-comportementale ou l’ergothérapie.

4. Assurance Maladie (ameli.fr). Comment prévenir les chutes des personnes âgées ? Page datée du 24 décembre 2024. ameli.fr/assure/sante/bons-gestes/seniors/prevenir-chutes-personnes-agees

Après 65 ans, une personne sur trois tombe au moins une fois par an. Conseils d’aménagement : passages dégagés, fils fixés, éclairage généreux, bord des marches signalé, tapis retirés ou antidérapants, objets rangés à portée de main pour éviter de monter sur un escabeau, une chaise ou un tabouret, téléphone sans fil, lit et sièges rehaussés, barres d’appui bien fixées près du lit, des toilettes et de la baignoire, siège de douche fixé au mur, rehausseur de toilettes ; ne pas s’appuyer sur des objets mal fixés. Habitudes : se lever lentement du lit ou d’une chaise pour éviter une baisse de tension, canne ou déambulateur si l’équilibre est incertain, chaussures fermées à talon large et bas et semelle fine et antidérapante, demander de l’aide pour les tâches à risque, apprendre à se relever, télé-alarme. Santé : contrôles de la tension, du rythme cardiaque, de l’équilibre, du poids, des pieds, de la vue et de l’audition ; faire le point sur tous ses médicaments, y compris sans ordonnance, avec le médecin ou le pharmacien ; activité physique et alimentation suffisante en protéines.

5. Assurance Maladie (ameli.fr). Chutes : qui est concerné et pourquoi tombe-t-on ? Page datée du 13 mars 2026. ameli.fr/assure/sante/themes/chutes-troubles-marche/frequence-et-causes-des-chutes

Indique que « plus de 2 millions de personnes de plus de 65 ans chutent chaque année » en France, en citant la mission du plan antichute du ministère, sans détailler la méthode de cette estimation. Décrit les causes, le plus souvent associées chez une même personne : marche perturbée par une douleur, des vertiges ou une maladie neurologique ; muscles, os et articulations ; vue, audition, oreille interne, sensibilité des pieds, mémoire ; malaises (hypotension au lever, hypoglycémie, syncope, alcool) ; médicaments, avec trois familles le plus souvent en cause (psychotropes, hypotenseurs, antidiabétiques) ; chaussage. L’environnement n’est en cause que dans la moitié des chutes.

6. Santé publique France. Hospitalisations et mortalité en lien avec une chute chez les personnes de 65 ans et plus en France. Données 2015-2024. Bulletin national publié le 12 mars 2026, mis à jour le 16 mars 2026. invs.santepubliquefrance.fr

En 2024, 174 824 séjours hospitaliers en lien avec une chute chez les 65 ans et plus (séjours avec un diagnostic principal traumatique et une cause codée chute, données PMSI : il s’agit de séjours, pas de personnes) et 20 148 décès « en lien avec une chute » (chute mentionnée sur le certificat de décès, en cause initiale ou associée, repérée par analyse des textes libres validée contre le codage du CépiDc). Taux standardisés en hausse de 20,5 % et de 18 % par rapport à 2019 ; hospitalisations proportionnellement plus fréquentes chez les femmes, mortalité plus élevée chez les hommes ; taux d’hospitalisation 8,6 fois et taux de mortalité 29 fois plus élevés chez les 85 ans et plus que chez les 65-74 ans ; taux plus élevés en hiver et dans certaines régions, dont Auvergne-Rhône-Alpes. Le bulletin ne compte pas le nombre total de chutes.

7. Assurance Maladie (ameli.fr). Tomber n’est pas sans conséquences quand on est âgé. Page datée du 2 octobre 2025. ameli.fr/assure/sante/themes/chutes-troubles-marche/tomber-n-est-pas-sans-consequences-quand-est-age

Conséquences des chutes : ecchymoses, hématomes, plaies, lésions musculaires en cas de séjour prolongé au sol ; fractures favorisées par l’ostéoporose (col du fémur, poignet, vertèbres, épaule, côtes) ; complications de l’immobilisation ; lorsqu’elles se répètent, perte de mobilité et d’autonomie, restriction des activités, perte de confiance, surprotection par l’entourage.

8. Assurance Maladie (ameli.fr). Comprendre l’ostéoporose. Page datée du 19 septembre 2024. ameli.fr/assure/sante/themes/osteoporose/comprendre-osteoporose

Les fractures ostéoporotiques, ou fractures de fragilité, « surviennent à la suite d’un faible traumatisme équivalent au plus à une chute de sa propre hauteur en marchant » ; elles touchent surtout le col du fémur, les vertèbres et le poignet ; un quart surviennent chez l’homme. Un antécédent personnel de fracture par fragilité est un facteur de risque majeur : après une fracture vertébrale ostéoporotique, le risque de nouvelle fracture est de 25 % dans l’année qui suit.

9. Haute Autorité de santé. Les médicaments de l’ostéoporose. Fiche de bon usage des médicaments, mise à jour (le document consulté porte la mention « HAS janvier 2023 »). has-sante.fr/upload/docs/application/pdf/2019-05/bum_osteoporose_maj_avril2019.pdf

Les patientes ayant fait une fracture par fragilité osseuse sont considérées à risque élevé de nouvelle fracture ; une fracture de fragilité, vertébrale ou périphérique, de découverte clinique ou radiologique, doit faire rechercher une cause et discuter un traitement ; les fractures dites sévères (vertèbre, hanche, humérus proximal, bassin, fémur) sont associées à un excès de mortalité. La prévention des chutes et la correction d’une carence en calcium et en vitamine D font partie de la prise en charge globale.

10. Fleming J, Brayne C. Inability to get up after falling, subsequent time on floor, and summoning help: prospective cohort study in people over 90. BMJ 2008;337:a2227. doi.org/10.1136/bmj.a2227

110 personnes de plus de 90 ans suivies un an : 60 % sont tombées ; parmi elles, 80 % n’ont pas pu se relever après au moins une chute et 30 % sont restées au sol une heure ou plus ; 82 % des chutes ont eu lieu alors que la personne était seule. Le long séjour au sol était fortement associé aux blessures graves, aux hospitalisations et à l’entrée en institution. Les alarmes d’appel étaient largement disponibles mais rarement utilisées lors de ces chutes. Les auteurs recommandent d’apprendre à se relever et d’améliorer l’accès et l’usage des alarmes. Population très âgée, en partie fragile.

11. Haute Autorité de santé. Évaluation et prise en charge des personnes âgées faisant des chutes répétées. Recommandations, avril 2009. has-sante.fr/jcms/c_793371

Chutes répétées : au moins deux chutes en douze mois. Rechercher d’abord les signes de gravité : conséquences de la chute (fracture, hématome intracrânien, plaie importante ; séjour au sol de plus d’une heure avec risque de déshydratation, d’hypothermie, d’escarres, de pneumopathie et d’atteinte musculaire ; syndrome post-chute) et maladie aiguë responsable (trouble du rythme, accident vasculaire cérébral, insuffisance cardiaque, infarctus, infection, hypoglycémie). Facteurs de risque : plus de quatre médicaments, psychotropes, médicaments cardiovasculaires, trouble de la marche ou de l’équilibre (lever-marcher-revenir de 20 secondes ou plus, appui sur un pied inférieur à 5 secondes), anomalies des pieds et du chaussage, hypotension orthostatique, carence en vitamine D. Interventions : kinésithérapie avec travail de l’équilibre et renforcement des membres inférieurs, apprentissage du relevé du sol, ergothérapie, chaussures à talons larges et bas et semelles fines et fermes, aide technique adaptée, correction d’une carence en vitamine D, traitement d’une ostéoporose avérée. Recommandation ancienne, fondée majoritairement sur un accord professionnel ; les seuils des tests ont été actualisés par la fiche de 2024.

12. Hopewell S, Adedire O, Copsey BJ, Boniface GJ, Sherrington C, Clemson L, et al. Multifactorial and multiple component interventions for preventing falls in older people living in the community. Cochrane Database Syst Rev 2018;7:CD012221. doi.org/10.1002/14651858.CD012221.pub2

62 essais, 19 935 participants. Les interventions multifactorielles, fondées sur l’évaluation du risque de chaque personne (exercice, environnement, revue des médicaments, soutien psychologique), réduisent peut-être le taux de chutes de 23 % (preuve de faible niveau), sans effet net démontré sur le nombre de personnes qui tombent ni sur les hospitalisations. Les interventions à composantes multiples identiques pour tous, incluant presque toujours de l’exercice, réduisent probablement le taux de chutes de 26 % et le risque de tomber de 18 %. Effets indésirables rares et mineurs. Résumé seul consulté.

13. Clemson L, Stark S, Pighills AC, Fairhall NJ, Lamb SE, Ali J, Sherrington C. Environmental interventions for preventing falls in older people living in the community. Cochrane Database Syst Rev 2023;3:CD013258. doi.org/10.1002/14651858.CD013258.pub2

22 essais, 8 463 personnes de 60 ans et plus vivant à domicile, âge moyen 78 ans. Les interventions de réduction des dangers du domicile, évaluation puis adaptations et stratégies de comportement, réduisent probablement le taux de chutes de 26 % ; l’effet est concentré chez les personnes à risque élevé de chute (réduction de 38 %, preuve de haut niveau) et absent chez les personnes non sélectionnées pour leur risque (preuve de haut niveau). Pas de différence démontrée sur les fractures ni les hospitalisations. Les interventions d’amélioration de la vue n’ont pas réduit les chutes (preuve de faible niveau) ; données trop hétérogènes pour les chaussures et les aides techniques. Résumé et résultats principaux consultés (PubMed Central).

14. US Preventive Services Task Force. Interventions to prevent falls in community-dwelling older adults: US Preventive Services Task Force recommendation statement. JAMA 2024;332(1):51-57. doi.org/10.1001/jama.2024.8481

Recommande les programmes d’exercice pour prévenir les chutes chez les personnes de 65 ans et plus vivant à domicile et à risque accru de chute (bénéfice net modéré, certitude modérée) ; les interventions multifactorielles ont un bénéfice net faible et sont à proposer au cas par cas, selon les circonstances des chutes, les maladies associées et les préférences de la personne. Résumé seul consulté.

15. Assurance Maladie (ameli.fr). Vous êtes tombé ou vous avez peur de tomber : un bilan indispensable. Page datée du 2 octobre 2025. ameli.fr/assure/sante/themes/chutes-troubles-marche/risque-de-chute-quel-bilan

Invite à consulter son médecin traitant après une chute ou en cas de peur de tomber : « le risque que cela se reproduise est élevé ». Décrit le bilan : posture et façon de se lever d’un siège, analyse de la marche et du demi-tour, test consistant à se lever d’un fauteuil, marcher trois mètres, faire demi-tour et se rasseoir (risque de chute si plus de 20 secondes), appui sur un pied (normal à partir de 5 secondes), examen des pieds et bilan podologique si besoin, examen cardiovasculaire avec tension artérielle, examen neurologique, audition et vue, examens complémentaires selon les cas (prise de sang, électrocardiogramme, échographies, IRM).

16. Bull FC, Al-Ansari SS, Biddle S, Borodulin K, Buman MP, Cardon G, et al. World Health Organization 2020 guidelines on physical activity and sedentary behaviour. Br J Sports Med 2020;54(24):1451-1462. doi.org/10.1136/bjsports-2020-102955

À partir de 65 ans, en plus de l’activité d’endurance recommandée à tous les adultes, pratiquer des activités variées à plusieurs composantes qui mettent l’accent sur l’équilibre fonctionnel et le renforcement musculaire, d’intensité modérée ou plus, au moins trois jours par semaine, pour améliorer les capacités fonctionnelles et prévenir les chutes ; preuves de haut niveau que les exercices d’équilibre et fonctionnels réduisent le taux de chutes. Un peu d’activité vaut mieux que rien ; commencer par de petites quantités et augmenter progressivement ; un avis médical préalable n’est en général pas nécessaire en l’absence de contre-indication.

17. Assurance Maladie (ameli.fr). Comment prendre soin de ses pieds ? Page datée du 31 décembre 2024. ameli.fr/assure/sante/bons-gestes/quotidien/prendre-soin-pieds

Chaussures fermées à l’arrière et maintenant le talon, assez larges, à fixation réglable, semelles antidérapantes, talons bas ; « les mules et chaussures sans maintien favorisent le déséquilibre et les chutes » ; éviter de marcher pieds nus ou en chaussettes.

18. Assurance Maladie (ameli.fr). L’activité physique selon ses aptitudes et en sécurité. Page datée du 26 août 2026. ameli.fr/assure/sante/themes/activite-physique-sante/l-activite-physique-selon-ses-aptitudes-et-en-securite

Commencer à une intensité faible ou modérée et augmenter par paliers ; arrêter l’exercice en cas de douleur, de mal-être ou de fatigue excessive ; signaler rapidement au médecin une douleur dans la poitrine, un essoufflement anormal, des palpitations ou un malaise pendant ou après l’effort.

19. Sherrington C, Michaleff ZA, Fairhall N, Paul SS, Tiedemann A, Whitney J, et al. Exercise to prevent falls in older adults: an updated systematic review and meta-analysis. Br J Sports Med 2017;51(24):1750-1758. doi.org/10.1136/bjsports-2016-096547

88 essais, 19 478 participants : l’exercice réduit le taux de chutes de 21 % chez les personnes âgées vivant à domicile ; l’effet est plus grand pour les programmes qui sollicitent l’équilibre et comportent plus de trois heures d’exercice par semaine (réduction de 39 % lorsque les deux conditions sont réunies). Pas d’effet démontré en établissement, après un accident vasculaire cérébral ou juste après une hospitalisation. Résumé seul consulté.

20. Vellas BJ, Wayne SJ, Romero L, Baumgartner RN, Rubenstein LZ, Garry PJ. One-leg balance is an important predictor of injurious falls in older persons. J Am Geriatr Soc 1997;45(6):735-738. doi.org/10.1111/j.1532-5415.1997.tb01479.x

316 volontaires de plus de 60 ans en bonne santé suivis trois ans : l’incapacité à tenir cinq secondes sur un pied était le seul facteur indépendant associé aux chutes avec blessure (risque relatif 2,1), mais pas à l’ensemble des chutes ; les auteurs soulignent qu’aucun facteur isolé n’est assez précis pour servir seul de prédicteur. Résumé seul consulté.

21. Okubo Y, Schoene D, Lord SR. Step training improves reaction time, gait and balance and reduces falls in older people: a systematic review and meta-analysis. Br J Sports Med 2017;51(7):586-593. doi.org/10.1136/bjsports-2015-095452

Sept essais randomisés, 660 participants : les entraînements fondés sur des pas, volontaires ou en réaction à un déséquilibre, réduisent le taux de chutes d’environ moitié (rapport de taux 0,48) et la proportion de personnes qui tombent ; ils améliorent le temps de réaction, l’équilibre sur un pied et le lever-marcher-revenir, mais pas la force. Petits effectifs ; les auteurs appellent à des études de meilleure qualité. Résumé seul consulté.

22. Voukelatos A, Merom D, Sherrington C, Rissel C, Cumming RG, Lord SR. The impact of a home-based walking programme on falls in older people: the Easy Steps randomised controlled trial. Age Ageing 2015;44(3):377-383. doi.org/10.1093/ageing/afu186

386 personnes de 65 ans et plus, inactives, vivant à domicile : un programme de marche de 48 semaines, guidé par des livrets et des appels téléphoniques, n’a pas réduit les chutes par rapport au groupe témoin (rapport de taux 0,88, non significatif), tout en augmentant le temps d’activité physique. Les auteurs concluent que la marche seule n’est pas une stratégie de prévention des chutes, tout en restant utile pour l’activité physique générale. Résumé seul consulté.

23. Caisses de retraite et Santé publique France. Bouger en toute sérénité. Prévenir les chutes dans la vie quotidienne. Brochure « Pour bien vieillir », édition 2019, diffusée par l’Assurance Maladie. ameli.fr/sites/default/files/Documents/Bouger_en_toute_serenite_2022.02.pdf

Conseils grand public : activité physique adaptée à son état de santé, ateliers équilibre proposés par les caisses de retraite, chaussures fermées, aménagement du logement avec recours possible à un ergothérapeute, éviter l’escabeau et demander de l’aide pour les travaux en hauteur, se lever lentement, téléphone toujours à portée de main, apprendre à se relever du sol en cinq étapes, prévenir ses proches après une chute et « ne pas hésiter à appeler le 15 pour demander conseil ».

24. Barry E, Galvin R, Keogh C, Horgan F, Fahey T. Is the Timed Up and Go test a useful predictor of risk of falls in community dwelling older adults: a systematic review and meta-analysis. BMC Geriatr 2014;14:14. doi.org/10.1186/1471-2318-14-14

25 études, dont 10 en méta-analyse : le test lever-marcher-revenir a une capacité limitée à prédire les chutes chez les personnes âgées vivant à domicile et « ne doit pas être utilisé isolément » pour identifier les personnes à haut risque.

25. Briot K, Roux C, Thomas T, Blain H, Buchon D, Chapurlat R, et al. 2018 update of French recommendations on the management of postmenopausal osteoporosis. Joint Bone Spine 2018;85(5):519-530. doi.org/10.1016/j.jbspin.2018.02.009

Recommandations françaises (Société française de rhumatologie et GRIO, avec les sociétés de gériatrie, de chirurgie orthopédique, de médecine générale, entre autres) : après une fracture sévère, un traitement de l’ostéoporose est recommandé ; après une fracture non sévère ou sans fracture, la décision dépend de la densité osseuse et, dans les cas difficiles, d’un outil de prédiction du risque ; réévaluation du risque tous les deux à trois ans. Résumé seul consulté.

26. Delbaere K, Close JCT, Brodaty H, Sachdev P, Lord SR. Determinants of disparities between perceived and physiological risk of falling among elderly people: cohort study. BMJ 2010;341:c4165. doi.org/10.1136/bmj.c4165

500 personnes de 70 à 90 ans suivies un an : le risque perçu et le risque physiologique de chute prédisent chacun les chutes. Chez 11 % des participants, la peur dépassait le risque mesuré, en lien avec des symptômes dépressifs et une moindre souplesse mentale ; chez 20 %, la confiance dépassait le risque, ce qui protégeait en partie grâce à une vision positive et au maintien de l’activité physique ; les auteurs recommandent d’évaluer les deux et d’ajuster les interventions, plutôt que de chercher seulement à réduire la peur.

27. Kendrick D, Kumar A, Carpenter H, Zijlstra GAR, Skelton DA, Cook JR, et al. Exercise for reducing fear of falling in older people living in the community. Cochrane Database Syst Rev 2014;11:CD009848. doi.org/10.1002/14651858.CD009848.pub2

30 essais, 2 878 participants : les programmes d’exercice (tai-chi, yoga, équilibre, renforcement) réduisent faiblement à modérément la peur de tomber juste après l’intervention (preuve de faible niveau), sans augmenter le risque ni la fréquence des chutes ; l’effet à plus long terme est incertain (preuve de très faible niveau). Résumé seul consulté.

28. Assurance Maladie (ameli.fr). Comment réagir en cas de chute lorsque l’on est âgé ? Page datée du 28 mai 2025. ameli.fr/assure/sante/bons-gestes/seniors/reagir-cas-chute-age

Conduite à tenir après une chute : prendre quelques minutes, respirer, bouger bras et jambes pour vérifier l’absence de blessure, attendre la fin d’un malaise avant de se redresser ; technique de relevé en six étapes (basculer sur le côté puis sur le ventre, appui sur les avant-bras, genou au sol, se glisser vers un meuble solide, quatre pattes, se relever en s’appuyant sur le meuble, s’asseoir) ; s’entraîner à se relever « de préférence en présence d’une autre personne », même sans jamais être tombé. Si l’on ne peut pas se relever : médaillon de téléassistance, 112 depuis un portable, appeler à l’aide ou faire du bruit, se glisser vers un téléphone fixe et appeler le 15 ; en attendant, surélever la tête, se couvrir, bouger bras et jambes. Des symptômes peuvent apparaître ensuite (douleur, malaise, gonflement, hématome) : consulter son médecin traitant.

29. Assurance Maladie (ameli.fr). Symptômes et diagnostic d’une fracture du col du fémur ou du trochanter. Page datée du 22 janvier 2026. ameli.fr/assure/sante/themes/fracture-col-femur/symptomes-diagnostic

Chez la personne âgée, la fracture du col du fémur survient le plus souvent après « une simple chute de sa hauteur » : craquement éventuel, douleur de l’aine, de la fesse ou de la hanche, jambe impossible à bouger, raccourcie et mal positionnée, impossibilité de se relever. Si la fracture n’est pas déplacée, « la déformation n’est pas visible. La personne peut marcher, même si c’est douloureux ». Devant ces signes chez une personne âgée : « ne la relevez pas et contactez le 15 ou le 112 ». Diagnostic par radiographies, scanner ou IRM en cas de doute ; opération à programmer en moins de 48 heures.

30. Assurance Maladie (ameli.fr). Ostéoporose : diagnostic et évolution. Page datée du 20 septembre 2024. ameli.fr/assure/sante/themes/osteoporose/diagnostic-evolution

L’ostéoporose est souvent révélée par une fracture survenue après un traumatisme minime. Les fractures vertébrales, ou tassements, sont « le plus souvent non douloureuses » mais entraînent une diminution de la taille : devant une perte de 3 ou 4 cm par rapport à la taille connue, ou un dos qui se voûte, une ostéoporose est recherchée. Indications et déroulement de l’ostéodensitométrie ; outil FRAX d’estimation du risque de fracture à dix ans.

31. Assurance Maladie (ameli.fr). Fracture du poignet de l’adulte : symptômes et diagnostic. Page datée du 14 octobre 2024. ameli.fr/assure/sante/themes/fracture-du-poignet-chez-l-adulte/fracture-du-poignet-de-l-adulte-symptomes-et-diagnostic

Fracture ouverte, avec plaie en regard de l’os : appeler le 15 ou le 112, ne pas mobiliser le membre, couvrir la plaie. Fracture fermée : après une chute, craquement, douleur, gonflement, hématome, poignet parfois déformé, « mais pas toujours si la fracture n’est pas déplacée » ; chez la personne âgée tombée de sa hauteur, la mobilisation reste souvent possible ; « dans tous ces cas de figure, une consultation médicale est nécessaire ». Des troubles de la sensibilité de la main ou de la mobilité des doigts peuvent traduire une atteinte nerveuse à traiter en urgence.

32. Haute Autorité de santé. Prise en charge du patient présentant une lombalgie commune. Recommandation de bonne pratique validée le 27 mars 2019. has-sante.fr/jcms/c_2961499

Liste des signes d’alerte, dits « drapeaux rouges », à rechercher devant toute douleur lombaire récente ou modifiée, parce qu’ils orientent vers une autre cause qu’une lombalgie commune : traumatisme important, âge d’apparition supérieur à 55 ans, usage prolongé de corticoïdes, douleur d’aggravation progressive présente au repos et la nuit, déficit neurologique, perte de poids, antécédent de cancer, fièvre, déformation importante de la colonne, entre autres ; la valeur de chaque signe isolé est limitée, c’est leur combinaison qui doit alerter.

33. Assurance Maladie (ameli.fr). Mieux marcher pour prévenir les chutes. Page datée du 2 octobre 2025. ameli.fr/assure/sante/themes/chutes-troubles-marche/comment-ne-pas-tomber

Le médecin traitant coordonne la prise en charge et fait appel, selon les besoins, au médecin de rééducation, au gériatre, au rhumatologue, au pédicure-podologue, au kinésithérapeute, à l’ergothérapeute, à l’oto-rhino-laryngologiste et à l’ophtalmologue. Il revoit le traitement en cours et le modifie si possible pour écarter les médicaments pouvant être en cause (psychotropes, antihypertenseurs, antidiabétiques). Vue et audition sont à compenser. La page affirme aussi qu’une prescription de vitamine D est « souvent nécessaire » chez la personne âgée ; cette page-ci retient plutôt la position des recommandations récentes, qui la réservent aux personnes carencées ou à risque de carence.

34. Assurance Maladie (ameli.fr). Que faire en cas de vertiges ? Page datée du 29 septembre 2025. ameli.fr/assure/sante/themes/vertiges/bons-reflexes-que-faire

Consulter immédiatement en cas de vertige si la personne ne tient plus debout, a des maux de tête inhabituels, voit double ou ne voit plus, présente des mouvements anormaux des yeux, des troubles de la conscience ou un comportement anormal, des difficultés à parler, à se déplacer ou à contrôler ses membres, si elle a subi récemment un traumatisme crânien, ou si elle présente des facteurs de risque cardiovasculaires importants. Dans les autres cas, une consultation dans les jours ou semaines qui suivent est utile ; tout vertige ou malaise accompagné d’une incapacité, même brève, doit être examiné.

35. Société française de médecine d’urgence et Société française d’anesthésie et de réanimation (Gil-Jardiné C, Payen JF, Bernard R, Bobbia X, Bouzat P, Catoire P, et al.). Prise en charge des patients présentant un traumatisme crânien léger de l’adulte. Recommandations de pratiques professionnelles, validées par la SFMU le 24 mai 2022 et par la SFAR le 15 septembre 2022. sfmu.org/upload/consensus/RPP-TCL-2022.pdf

Treize recommandations d’experts, toutes avec accord fort, qui remplacent les recommandations de la SFMU de 2012 sur le même sujet. Lors d’un appel en régulation médicale (le 15), une personne qui a reçu un choc à la tête peut ne pas être orientée systématiquement vers les urgences si un proche peut la surveiller et en l’absence de : trouble de la coagulation ou traitement anticoagulant ; âge de plus de 65 ans avec un traitement antiagrégant ; intoxication ; symptôme autre qu’un mal de tête (vomissement, perte de connaissance, amnésie de plus de trente minutes, convulsion, déficit, baisse de la vigilance) ; signe de fracture du crâne. Aux urgences, un traitement anticoagulant, l’association de deux antiagrégants ou une maladie hémorragique constituent un risque élevé, avec scanner idéalement dans l’heure ; un âge de 65 ans ou plus avec un seul antiagrégant, un risque intermédiaire, avec scanner au plus tard dans les huit heures. Une monothérapie par aspirine ou clopidogrel n’est plus, en elle-même, considérée comme un facteur de risque de saignement : c’est, selon le texte, la seule modification apportée aux recommandations de 2012. La fiche remise à la sortie demande d’appeler le 15 si, dans les 48 heures, apparaissent une perte de connaissance ou une somnolence, un trouble du comportement ou une convulsion, un trouble de la vision, de l’audition ou de la parole, un trouble de l’équilibre, une difficulté à bouger un membre, des maux de tête intenses ou résistant aux antalgiques, des vomissements, un écoulement par le nez ou les oreilles, des douleurs cervicales. Texte intégral consulté ; tableaux et annexe comparant les règles de décision partiellement exploités.

36. Assurance Maladie (ameli.fr). Symptômes, diagnostic et évolution d’une fracture de la jambe. Page datée du 26 janvier 2026. ameli.fr/assure/sante/themes/fracture-de-la-jambe/symptomes-diagnostic-evolution

Une fracture de la jambe se manifeste par un craquement douloureux avec impossibilité de prendre appui, parfois un raccourcissement de la jambe avec le pied tourné en dehors, parfois un état de choc ; il s’agit d’une urgence : contacter immédiatement le 15 ou le 112, ne pas bouger la personne, ne pas manipuler ni tenter de réaxer la jambe, couvrir une plaie éventuelle.

37. Assurance Maladie (ameli.fr). AVC et AIT : symptômes, diagnostic et évolution. Page datée du 5 novembre 2025. ameli.fr/assure/sante/themes/accident-vasculaire-cerebral-avc/avc-symptomes-evolution

Appeler le 15 ou le 112 si l’un des signes suivants survient de façon brutale : perte de force ou engourdissement d’un bras, engourdissement ou faiblesse d’une jambe, engourdissement, déformation ou paralysie du visage, trouble de la parole ou de la compréhension, perte soudaine de l’équilibre, mal de tête intense, brutal et inhabituel, trouble de la vision même temporaire. Des signes identiques qui disparaissent en quelques minutes, l’accident ischémique transitoire, imposent la même urgence.

38. Assurance Maladie (ameli.fr). Reconnaître une douleur thoracique qui nécessite des soins urgents. Page datée du 17 mars 2026. ameli.fr/assure/sante/themes/douleur-thoracique/reconnaitre-agit-urgence

Appeler le 15 ou le 112 devant une douleur de poitrine brutale, intense, qui serre, dure plus de cinq minutes ou ne disparaît pas au repos, s’étend vers la mâchoire, les bras ou le dos, ou s’accompagne d’essoufflement, de pâleur, de sueurs, de malaise, de palpitations ou de troubles de la conscience. Au téléphone, le médecin régulateur évalue la situation et, en l’absence d’élément de gravité, oriente vers le médecin traitant ou de garde.

Contenu rédigé par Jérémy Jacq, ostéopathe D.O. — date de relecture : 14 octobre 2026.

Ces conseils sont généraux. Ils ne remplacent pas un avis médical ni un examen adapté à votre situation.

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Une consultation permet d’examiner la mobilité, les appuis et les éventuelles douleurs qui limitent vos mouvements, puis de déterminer si une prise en charge ostéopathique est adaptée. Elle ne remplace pas une évaluation médicale, vestibulaire, neurologique ou un programme de rééducation lorsque ceux-ci sont nécessaires.

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